édito
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Fevrier 2012

Dans sa dernière revue 60 Millions de Consommateurs l’UFC Que Choisir s’attaque, une fois de plus, à la profession de syndic. 

Voleurs et incompétents, ils ne respectent pas les règles juridiques et ils se partagent l’immense gâteau de la copropriété. Les copropriétaires sont tous adorables et que la vie serait belle sans les vilains syndics. 

Arrivé en fin de carrière, je suis rodé depuis longtemps à ce type d’attaque qui n’a jamais laissé le moindre espace au dialogue. 

Pour les rares lecteurs de mon éditorial, je développerai simplement trois points. 

Le métier de syndic n’est pas payé à son juste prix et si les cabinets travaillent dans l’ensemble à perte c’est uniquement parce que les retombées des autres métiers, à savoir vente et location, compensent cette perte. Ce sont les propriétaires bailleurs et les locataires d’une part, les vendeurs et les acquéreurs d’autre part qui compensent. Pour bien mesurer cette affirmation, il suffit de mesurer le Chiffre d’Affaires par employé dans les différents métiers. Ainsi chez PELLISSIER RONZINO pour 110 000 € H.T. de recettes par employé à temps plein en moyenne générale, le syndic se situe autour de 80 000 € et demeure une activité non rentable. 

Messieurs les critiques, commencez par payer au juste prix et après vous pourrez critiquer. 

Les règles juridiques sont bafouées mais avez-vous mesuré la complexité et la lourdeur de ces règles.Est-ce que tous les automobilistes peuvent affirmer la main sur le cœur qu’ils n’ont jamais outrepassé les règles du code de la route ? Faut-il pour autant les clouer tous au pilori ? Quand l’UFC Que Choisir assigne en justice un syndic, elle mitraille et sur 30 ou 50 points litigieux, la Justice lui donne parfois raison sur 3 points. Peut-on parler de victoire à 3/0 ? 

Le turn over des responsables de copropriété est important alors qu’ils sont désormais plutôt bien rémunérés. Cette remarque revient souvent mais personne ne se demande pourquoi nous enregistrons une telle désaffection. Finir quatre soirs par semaine au-delà de 20 heures, jouer les arbitres entre des blocs remontés l’un contre l’autre n’est pas facile. Plutôt que d’accabler les employeurs et les collaborateurs, les copropriétaires peuvent aussi s’interroger sur leur part de responsabilités. 

La société évolue vers plus d’incivilité et d’égoïsme mais le syndic tel superman doit tout gérer. 

De grâce, ne tirez plus sur le syndic et payez le au juste prix..

Michel RONZINO

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